Qu’est ce que la science fiction ?

3
916

Qu’est ce que la science fiction ?

dune11Après les articles de Paul Cook et de Nina Monteanu qui réfléchissent sur les limites du genre il est peut être bon de revoir en détail les idées des uns et des autre sur le genre pour mieux le définir. Pour ce la nous allons reprendre une par une certaines idées reçues et voir si elle correspondent réellement à la réalité du genre.

La SF est une littérature des sciences.

C’est à la fois vrai et faux. Bon nombre de roman de science fiction n’utilisent pas les sciences comme moteur du récit. Bien souvent ce sont des réflexions sur des thématiques philosophiques qui jouent ce rôle. Mais la SF est bien littérature des sciences si l’on englobe les sciences humaines et sociales dans le champ des sciences ( ce que certains critiques de SF se refusent à faire). Dune de Franck Herbert est à la fois un roman qui développe une réflexion politico économique ( le despotisme hydraulique), anthropologique ( l’étude de la société Fremen), théologique ( c’est un roman sur la naissance d’un messie). Les aspects sciences exactes se limitent à la description de l’écosystème d’Arrakis.

En tout cas la science fiction ne saurait limiter aux sciences dures. Le critique Gabriel Chouinard écrivait au début des années 2000 que la véritable voie royale de la SF n’était pas la hard science mais bien… la science fantasy qui permettait de parler de l’humain plutôt que des mécanismes technologiques.

stolzeLa SF est une littérature d’idées.La SF est une littérature d’évasion

Là encore c’est à la fois vrai et faux. Une partie de la SF est littérature d’évasion, une autre littérature ambitieuse. Mais il ne faut pas dénigrer la SF d’aventure pure. On peut dire en effet que SF populaire et SF exigeante sont les deux faces d’une même pièces. Les auteurs populaires introduisent un thème qui sera ensuite développé de manière plus ambitieuse par un auteur pratiquant une SF plus littéraire. Car la science fiction est une littérature fonctionnant sur le principe de l’intelligence collective. Les auteurs puisent dans un vaste pot commun d’idées et de concepts et les customisent à leur manière. Et régulièrement le pot commun est enrichi par de nouvelles idées qui à leur tout feront l’objet de multiple traitement. Et auteurs populaires comme ambitieux finalement puisent dans le même réceptacle.

Il s’agit à nouveau d’une vérité partielle. Si la SF ne saurait exister sans la manipulation de concept ( je préfère d’ailleurs parler de littérature de concept plus que de littérature d’idée) elle intègre au moins deux autres dimensions. Elle est littérature d’image. En effet elle véhicule des images mentales fortes. Pour l’écrivain français Pierre Stolze, c’est même sa dimension dominante. La SF est aussi littérature d’univers en cela qu’elle crée des mondes différents du notre ( c’est d’ailleurs son point commun avec la fantasy). Les meilleures oeuvres sont de loin celles qui combinent ces trois éléments. Ils seront plus ou moins actualisés selon les auteurs. Mais dans la plupart des cas on trouvera bel et bien ces trois dimensions.

le_guinLa SF est une littérature métaphysique.

C’est en grande partie faux. En fait l’anthropologie est bien plus présente en SF que la métaphysique. Si l’on prend des auteurs comme Jack Vance, Ursula le Guin, des oeuvres comme Dune de Franck Herbert ou même fondation d’Asimov, c’est l’anthropologie qui est au coeur de leur propos pas la métaphysique. Qu’est ce que le steampunk sinon une approche spéculative anthropologique des mécanismes de la révolution industrielle. La SF a été majoritairement anthropologique durant les années 70 par exemple. L’anthropologie a permis la critique sociale et même des présentation de sociétés alternatives. Mais certaines oeuvres jouent la carte de la métaphysique. On peut citer dans les oeuvres récentes Spin de Robert Charles Wilson qui me paraît un bon exemple de cette approche.

16640aLa SF est une littérature du futur.

C’est en grande partie vrai. La majorité des oeuvres de science fiction ont pour objectif de montrer des futurs réels ou fantasmatiques. On m’objectera que la SF parle avant  tout du présent. Argument auquel je répondrais que c’est parce qu’elle a oublié de parler du futur que la science fiction est aujourd’hui en crise. C’est parce que la majorité des auteurs qui ont traité du futur proche se sont complus dans la bulle de présent élargie au lieu de traiter des alternatives et notamment des alternatives positives que la SF est devenu une littérature pessimiste. Or les lecteurs préfèrent qu’on leur parle d’espoir que de catastrophe. La SF étant écrite dans le présent ne saurait ignorer la contemporaneité. Mais le but de la science fiction étant de spéculer et d’imaginer, le dépassement du présent, le trascendance du réel est aussi ce vers quoi doit tendre le genre.

Mais il est une partie de la science fiction qui ne sert pas du futur comme champ d’expérimentation. Il s’agit de l’uchronie dont le terrain de jeu est la création d’univers alternatifs à partir de spéculations historiques, en essayant de trouver un point de divergence et en imaginant les conséquences.

3 COMMENTS

  1. Here in Canada, notoriously “The Land of Two Solitudes”, French and English are the official languages. This doesn’t mean, by the way, that it is mandatory a citizen speak both (thank Ghu or I’d be in prison), rather that any citizen when dealing with any sort of officialdom has the right for the process to be conducted in the language of their choice.

    After all, many French-speakers live outside Quebec, and many English-speakers live inside Quebec, so the law makes perfect sense. Consequently, at least when I was young, both languages were taught in school. For twelve years (grades one through twelve) teachers attempted to help me become bi-lingual.

    At first it was easy. Substitute one word for another. No problem. A memory test. Ran into a bit of a roadblock when I was taught objects were either male or female hence the two forms of the word ‘the’, ‘Le’ or ‘La’. A much more difficult memory test.

    Then it began to dawn on me that grammar was different, syntax, pronunciation, everything. We’re talking an alien language here, a different way of thinking, never mind communicating. You’d think as a young SF fan I’d be keen to learn something as exotic as another language, but noooo, too dumb, or something. Failed Latin too.

    Still, all those years of desperate, frustrated French teachers (I personally didn’t mind being ignorant, used to it from an early age I guess) have left me with a ‘feel’ for French, if not an understanding. Consequently, I can almost makes sense of some of the sentences in this article, but not quite.

    I still have my “Le Francais Vivant” High School text book, which I kept for nostalgia’s sake. I look at it occasionally. I can read the first chapter no problem. But by the time I get to the last chapter? Hardly any word means anything to me. (Still pretty good at spotting the variant forms of ‘the’ whenever they crop up, though.)

    So what am I implying? That this should be an English only site? Fout no! (To use a fannish expression.) I think it terrific Steve is bringing in articles in French and Spanish and what not. SF Fandom is an INTERNATIONAL community and has been since it first formed back in the early thirties. Splendid concept to have the ‘pages’ (to use a near obsolete term) in Amazing reflect this diversity. I’m all for it!

    But other than a quick peek to look at the illustrations, not much use to me.

    But the story below, the interview with Alan Grant, is perfect. Bi-lingual versions of ‘columns’ in other languages is the way to go. Those whose first language is that of the ‘article’ will relax in the comfort of their own idiom so to speak, and fools like me (scientifically proven to be incapable of learning anything, let alone another language) do not feel left out. I highly recommend a policy of original AND translation. That way the fannish community within Amazing becomes a unified, single solitude… (hmm, doesn’t sound quite right).

    P.S. To get in to University I had to make up my ‘lost’ French lessons and actually learn something. So I took a summer course before my first year and struggled mightily. Got 51% on my term paper and passed, hence was permitted to enter UBC. 51%! Hadn’t had a mark in French that high since grade one! I was so exultant… so proud…

    I am one of those people who yearns to be multi-lingual, if only to read literature and watch films in their original languages, but cannot grasp even the simplest concepts. (Never did pick up English grammar either. Been faking it all these years.) Sigh.

    • Hum… and what about the people that DON’T speak English? Because not everybody does it. There is a lot on information in English here and translated everything is almost impossible. Because translations should work in both sides. In the case of this post, it echoes other discussion here in AS, that were held in English, and I think it is a good way to share what is going on in the “other languages”. Besides discussions like “what is science fiction” “or sexual harassment in conventions” make me realized that Spanish language Science Fictions fandom in different, as is perhaps French language one, or Finnish language one. So As good is to inform other fandoms what is happening in ours, as good is to have our own space to discuss what interest us.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.